Sur la trace de la nationale 9:

Un voyage itinérant ambitieux, malheureusement inachevé...

Lors de mes recherches sur Wikipédia et Google Maps et grâce à mes multiples voyages en train et en voiture vers le sud via la A75, je me suis rendu compte que la route nationale 9 qui reliait Moulins sur Allier à Le Perthus détient de véritables atouts: beaucoup de dénivelé, des paysages fabuleux, mais principalement presque pas de trafic routier sur la portion du massif central.

J'ai donc décidé de la faire à vélo.

Sauf que mon voyage ne s'est pas déroulé comme prévu...

Récit de voyage rédigé en plusieurs parties entre le 27 Octobre et le 05 Novembre 2018

Jour 1: Je me lance.

Samedi 27 Octobre, 5h15, je me lève, prépare mes affaires et prend la route direction la gare de Montrichard, à 7h13 pour un train direction Moulins à 7h33. Bémol, l'entreprise mandatée pour les travaux de remplacement du pont ferroviaire de Montrichard a fermé la route 1 semaine avant la date officielle de la fermeture de la route, même aux piétons, du coup 3,8km de plus et faiblit rater mon train. A l'arrivée à la gare, le train est déjà à l'arrêt. J'ai crié:" j'arrive. Attendez moi. Je monte le escalier. Je suis sur la passerelle. Attendez moi! Je descends de la passerelle"

Ouf! Je suis à bord. Il repart. En même temps,  je pense que j'ai porté la poisse au train. Les portes de la voiture dans laquelle je suis monté sont bloquées et donc condamnées.

Je rencontre à bord un couple qui a fait la Loire à vélo de Nevers à Blois, qui ce matin rentrent chez eux.

Bourges, je quitte le TER. En attendant ma correspondance, je démonte mon vélo dans le hall d'attente de la gare pour le mettre dans ma super house, car oui, pas possible de continuer ma route avec un vélo monté à bord de l'Intercités Nantes - Lyon. Entre temps, un couple de jeunes filles jouent les aires de la chanson Bella en guitare...

Sur le quai, une foule en attente du train. Elle est moins importante que celle qui se pointe en début et en fin de vacances scolaires sur les quais de la gare de St Pierre des Corps. Je monte à bord, en queue du train. Pas très grand monde, 1 siège sur 4 est occupée. Je m’attendais à voir un train bondé comme annoncé sur le site de vente des billets. Ce dernier mettait en avant un train complet depuis 1 semaine, mais avec la possibilité d’acheter des billets pour des déplacements valables que pour aller d’une gare à la suivante sur le trajet... Ne serait-ce pas un moyen pour faire dissuader les voyageurs de cet Intercités direct pour Lyon d’emprunter ce train pour leur faire emprunter le TGV, bien sûr avec une correspondance à Paris? Ne serait-ce pas également une magouille pour faire alimenter un rapport ministériel par des chiffres totalement déconnectés de la réalité ? Bref, ceci n’est pas notre sujet de discussion aujourd’hui…

Le fait de démonter le vélo n’est que diplomatie : Je démonte le vélo dans le hall de la gare de départ, je monte à bord du train avec mon vélo dans la super-housse, et je remonte mon vélo à bord du train une trentaine de minutes avant d’arriver à destination. Comme ça, je suis prêt à commencer mon périple.

Moulins sur Allier, point de départ officiel de ma rando en suivant l’ancienne route nationale 9. Il est 11h15. Je m’élance. Mon sac de selle est bien rempli, ça déborde même dessus. Une paire de claquette, la super-housse, la veste imperméable, le pantalon gore-tex destiné à l’ultra trail et un sac en plastique. Au départ, une petite brise de fraicheur, mais beaucoup de nuages. L’ambiance bascule à une pluie fine qq minutes après le départ, puis à une pluie nécessitant à me couvrir de la tête aux pieds, ou plutôt des pieds à la tête. Derrière une remorque garée sur un parking aux abords de la D2009, je m’abrite du vent pour muter, et me transformer en super vagabond ! hahaha ! Le sac plastique, je l’ai utilisé pour me couvrir la tête contre la pluie et de rester au chaud. Malheureusement, je le perds dans une descente dans l’heure qui suit…

St Pourçain sur Sioule, Gannat, Riom, j’arrive à Clermont Ferrand. La circulation est insupportable. Trop de voiture, les feux de signalisation m’énervent. Je me croirais à Genève. Je m’arrête systématiquement à chaque feu pour donner la priorité à …. Au vent. Rien. Pas une voiture, pas un piéton, ni un chat. Je perds patience rapidement. Je ne marque plus qu’un léger stop aux feux. Je sais que ce n’ai pas bien, mais m’arrêter tous les 100m pour une minute, sur toute la traversée de la métropole, c’est l’hypothermie assurée. Je réussi à m’échapper de ce chaos qui s’est poursuivi au Décathlon situé au sud de Clermont (pour l’achat d’une gourde d’une capacité plus importante).

Je commence à m’engager dans les premières bosses. Rien de très difficile. Que des routes qui ressemble à de la taule endurée avec un très faible trafic.

Devant moi, Une section de route est fermée à la circulation. Une déviation est imposée. Je l’ignore. J’accède à la zone de travaux. Des blocs de béton armé bloque l’accès au chantier, mais pas assez pour bloquer le passage à un cycliste. Qu’est-ce que c’est comme chantier ? une réfection du bitume, pas plus. C’est très soyeux. Presque 2 minutes ont suffi pour traverser la zone. J’ai donc éviter un détour de je ne sais combien de km et une perte de temps assez importante.

J’arrive enfin à Coudes, et à l’hôtel F1 qui marque la fin de la première étape plutôt bien réussie. Je demande à la gestionnaire de l’hôtel s’il y aurait un endroit tout près où je pourrai me ravitailler. La réponse m’a fait des frissons. Une boulangerie à 1.2km. Je me remets sur selle. Un sandwich au thon, 2 baguettes, et un sacré lingot (un suisse aux pépites de chocolat) plus grand et aussi large que des chaussures de ski quand on chausse du 43 en chaussures de ville. Je déguste le sandwich, le lingot et une demie baguette avec une boite de sardines, stockées depuis mon départ dans mon sac de voyage.

Top fatigué. Je m’endors vers 20h aussitôt mangé et pris ma douche. Je ne me lèverai que le lendemain vers 6h30, une heure de sommeil en plus suite au changement d’heure, malgré les multiples réveils pour 4h30.

Jour 2: Retour à l'heure d'hiver, pile poil à temps.

Dimanche 28 octobre, 6h30, je suis affamé. Une demie baguette avec un fromage fondu en triangle me rassasient.

8h15, je quitte l’hôtel avec 2h15min de retard selon mon planning. C’est pas bon ça pour la continuité de mon périple. 

Une pluie fine, agréable, m’ouvre le bal sur une côte qui m’est paru difficile sur Openrunner. Obstacle franchit sans difficulté, ça m’a redonné plus confiance en moi. Issoire, du monde à l’extérieur, une ville assez vivante pour un dimanche matin. Un Monoprix ouvert, mais pas de besoin pour y faire une halte, car il n’est encore que 9h du matin.

J’arrive sur Lemptes sur Allagon, l’ancienne route nationale s’engouffre dans les gorges de l’Allagon, la voie ferrée n’arrête pas de traverser cette route et la rivière. Ponts de fer, de brique, passages à niveaux. C’est beau comme cette route se marie à la voie ferrée des Causses avec délicatesse. Sur près de 25km, que quelques voitures m’ont doublés, dont un convoi de voitures allemandes dont leur marque représente 4 anneaux. 

Massiac, 10h45, je marque une pause au chaud dans une boulangerie. Un pain aux raisins et un pain à la noix de coco. A mon arrivée, pas de clients dans la boulangerie. Durant la dégustation, une file d’attente énorme s’est formée atteignant carrément l’extérieur. On devra m’inviter la prochaine fois à passer régulièrement chez eux !

Le plus dur arrive par la suite : de vrais montagnes russes. Je monte, monte, monte, l’ascension ne finit pas, pas de voitures en vue, et toujours sur la trace de cette merveilleuse nationale 9. Je longe à plusieurs reprise l’autoroute A75 depuis Clermont Ferrant. Cela me réconforte un peu, dans le sens où je me dis que je ne suis pas tout seul perdu en plein milieu de nulle part. Je continue à monter. Toujours cette pluie fine, mais quand je lève ma tête un peu plus haut, des traces de neige sur les collines. Je les atteins. Un neige fine. Pas de soucis particuliers. Cela me rappelle mon aventure du 13 mai dernier dans les causses où la neige était au rendez-vous. Je commence à sentir le froid sur mes joues. Pour le reste, tout est au chaud. J’atteins enfin le col la Fageole qui culmine à 1114m d’altitude.  L’autre facette du col ne montre aucune trace de neige. La descente ce fait au plus doux. 

Vous vous êtes déjà demandé comment je tiens malgré le froid, la pluie et la neige ?

En préparatif de cette randonnée, j’ai vu une dégradation des conditions météorologiques qui affecterait mon séjour. Je me suis préparé psychologiquement pour tester pour la première fois une combinaison qui n’est pas conçu initialement à la pratique du vélo. La description se fera de la tête aux pieds, pour ne pas avoir le moral dans les chaussettes.
  • La tête fut protéger par une casquette qui limite l’accumulation des gouttes d’eau et les flocons de neige sur mes lunettes. Avec l’aide du sac en plastique que j’ai perdu la veille, l’objectif était de garder au maximum la chaleur autour du crâne. La casquette fait affaire.
  • Le buste est protégé par 3 couches de vêtements : un maillot estival, une veste automnale et une veste imperméable, avec zip à l’avant et/ou sous les aisselles pour évacuer le surplus d’humidité. Le 2ème jour, j’ai rajouté des manchons au cas où il ferait encore plus froid que la veille.
  • Les jambes sont couvertes de 3 couches de vêtements : un collant court estival, un autre long hivernal, et le pantalon Gore-tex imperméable et respirant conçu pour l’ultra Trail.
  • Les pieds sont couverts d’un chausson protecteur, pas vraiment imperméable, mais faisant affaire tant que je mouline.
  • Les mains. Les membres du corps qui souffrent le plus du froid. Pour la première fois, je teste des gants en latex que je porte sous mes gants hivernal du vélo. Ça réchauffe grave sans que mes mains ne transpirent. Le froid a ralenti le processus de transpiration :-D.

Je continue ma descente, jusqu’à un moment, je découvre un fabuleux ouvrage d’art métallique traversant la vallée de la Truyère. C’est le Viaduc de Garabit, Chef d’œuvre de Gustave Eiffel. Il est majestueux. 120 ans et toujours droit. Bon, je suis tout en bas d’une vallée, il faut que je remonte au niveau de la voie ferrée pour laquelle ce viaduc a été bâti. Sur mon ascension, un bruit de taule. C’est un train à double voiture qui enjambe la rivière via le viaduc. Noooooon. J’aurais voulu voir un train en face de moi, traversant le pont, pas le percevoir d’en dessous :-( . Bref…

J’ai rejoint la voie ferrée, mais également l’autoroute. Je croyais que j’allais avoir un peu de répit, du plat pour une dizaine de km. Et ben non. Certes, la route et l’Autoroute suivent la ligne des causses, mais cette dernière est en constante ascension. Du 3% en moyenne en longeant la voie, beaucoup plus quand je m’en éloigne... 

15h10, j’arrive à St Chély d’Apcher. Je passe à côté d’une gare SNCF, j’y marque une pause. Je suis lessivé, à bout de force. Pas mangé depuis 11h car pas de commerces ouverts sur ma route. A la gare de train, les guichets sont fermés, pas de distributeurs en vue. J’aperçois que le dernier train direction la Méditerranée passerait dans une vingtaine de minutes. Je prends la décision de m’arrêter sur place pour me rendre en train à Millau, là où j’ai prévu de passer la nuit. Pourquoi cet arrêt ? c’est très simple, vu qu’on a perdu une heure de soleil, j’ai peur de me retrouver sur des descentes dans la pénombre avec ces conditions météos. En plus, si je continue à ce rythme, Millau ne sera atteinte que vers 22h. Très embêtant encore plus avec le manque d’alimentation que je subis depuis des heures …

Le train arrive à 15h38… il est moche… nooon… est-ce l’Intercités de la ligne des Causses ? Une automotrice à 2 caisses datant du début des années 80 (Z-7300 ou Z-7500) toutes taguées s’arrête en quai. Le chef de bord sort train, nous invite les quelques 5 voyageurs et moi à monter à bord par derrière.

« mais qu’est-ce que vous faites ici à vélo en ce beau temps ? Venez par là, vous pouvez garer votre vélo en toute sécurité. […] Non mais sérieux, il neige et vous, vous faites du vélo ? Vous savez quoi, descendez du train et continuez à vélo, ça vous fera du bien… ». Il a bien de l’humour ce chef de bord. Je lui demande un billet carte jeune pour Millau. Il me répond en rigolant: « Malheureusement, on n’accepte pas les cartes jeunes à bord de ce train Monsieur » - « et bien dans ce cas, considérez moi comme étant un senior, j’aurais la même réduction que celle appliquée pour les jeunes ! ». 13,10€ le billet pour Millau, ça me parait cher, mais ce le prix qu’on paye qu’on on a droit à 30% de réduction pour 103km. Mais le train !!!!! pas de chauffage à bord de la voiture de tête, une fenêtre qui ne se referme pas et un courant d’air permanent… Je mange enfin la deuxième moitié de la première baguette avec une boite de sardines dans un vacarme qui dure 2h. 

17h30, Millau, je me rend à l’hôtel, je commande une pizza de la boulangerie mitoyenne à l’hôtel, je m’achète également 2 sac de 5 viennoiseries pur beurre invenduelles de la journée à 2,90€ le lot de 2.

A l’hôtel, je mange ma pizza, prend ma douche et prépare mes affaires pour l’étape du lendemain. La nuit fut courte, pas possible de dormir, J’entends tout. Le voisin de la chambre d’à côté n’arrête pas de tousser. J’entends toutes les personnes qui montent ou descendent les escaliers. Bref, une bonne nuit bien réparatrice..

Jour 3: La marche de l'empereur.

Lundi 29 Octobre, 4h30 du matin, les yeux ouverts comme l'épicerie du coin. A 1h30, en utilisant mon smartphone, je me renseigne de l'état de la circulation des trains pour m'assurer de mon retour depuis Cerbère prévu le lendemain 30 octobre. Il est renseigné supprimé. Celui du 29, au cas ou: Également supprimé. Du 31? Il n'est point annoncé à la vente... Cool...

Retour à mon réveil à 4h30. Je mange, re-check mon train de retour (qui est maintenu supprimé sans que je reçoive un sms ou un mail m'annonçant sa suppression), et me prépare pour sortir. 6h, je fais descendre mon vélo. Vu que l'isolation des chambres est d'une qualité irreprochable, je descends levélo pieds nus. Je mets mes chaussures et mes chaussons au RDC.

6h15, je prends la route. Non pas en direction de Béziers puis Le Perthus, mais plutôt direction St Chély d'Apcher. Mais pourquoi cette décision? Tout simplement pour finir l'étape de la veille et entamer l'étape de la journée que je prévoie la raccourcir pour Narbonne.

Je longe les bords du Tarn sur 8km, puis entame la montée vers le col d'Engayresque. Une sensation de froid différente de celle de la veille. Plus intense. Je le sens à travers mes joues. La descente, une pseudo descente de 200m d'altitude, longe la voie ferrée jusqu'à Severac-le-Chateau. Là, la côte reprend ses droits. et c'est là également où commencent les premières chutes de neige. Vers le sommet de col suivant, je m'arrête 2 minutes. Je remets mon pantalon Gore-Tex que j'ai enlevé au pied du premier col, car me sentais réchauffer. De la neige à fond qui ne tient pas sur le bitume. Enfin le bout, avec sa descente vertigineuse en lacets. De 4 à 10%. D'en haut, je vois l'autoroute A75 penchée par le fort degré de la décente. En bas, Banassac-La Canourgue. Je suis congelé. Je me suis renseigné la veille: il y a un TER qui passe dans un quart d'heure et qui pourra m'emmener jusqu'à St Chély, de là bas, je redescendrais à la Canourgue pour reprendre le même train en sens inverse, soit direction Millau d'où je pourrais continuer ma route pour Narbonne.

A bord du train. 3 passagers, dont le contrôleur, un passionné du vélo et moi. Je fais le voyage gratuitement. Arrivé au terminus, St Chély, on se donne RDV à Banassac, que je n'atteindrai malheureusement jamais...

En effet, dès que j'ai repris la route à vélo, il a recommencé à neiger. De gros flocons. Je ne m'attendais pas à avoir des montagnes russes de 50 à 100m de D+ pour chaque côte. 30min, 11ème km, Aumont-Aubrac. Dans 1h05min, mon train passera par MarveJols, à 500m d'altitude plus bas et à 22km de là où je me situe. Impossible d'atteindre La Canourgue avant le passage de mon train. Je continue à rouler. La route devient toute blanche. Le trafic de circulation se réduit dans les 2 sens. Je continue à prendre de l'altitude. Je traverse une fois, deux fois l'autoroute. La circulation est sur une file, au ralentie. Je continue à rouler,et toujours à prendre de l'altitude. Presque 1cm de neige sur la chassée, aucune voiture ne vient en contre-sens, je prends la résolution de faire demi tour et de retourner sur Aumont Aubrac, pour choper le train direction Millau. Je traverse une 3ème fois l'autoroute. Les voitures et les camions sont à l'arrêt direction Millau... Je ne vois plus rien. La neige tombe tellement fort que mes joues et mon menton sont gelés. Mes lunettes sont devenues opaques, je suis obligé d'enlever la neige accumulée dessus à la main. Un chasse neige passe. Plus de traces de voitures sur mon couloir. Je commence à patauger dans la semoule. Toute mon énergie se perd en essayant de me frayer un chemin dans la neige qui dépasse le 1,5cm d'épaisseur. Un voiture me double. "Enfin, de la neige tassée, je peux rouler dessus!". Mauvaise décision. Au bout de quelques dizaines de mètre, je chute. Rien de grave, rien de casser. Tout va bien. je suis à 500m de l'entrée d'Aumont Aubrac. Je marche en tout pour une demie heure avant d'atteindre la gare SNCF.

Prochain Passage du train 13h10. Direction Neussargues puis Clermont Ferrand. C'est le seul train Intercités qui remprunte la ligne complète. Il est midi. Il faut que je prenne une bonne décision, celle qui me permettrait de réduire le risque de chute ou d'accident vu les conditions météorologiques annoncées pour la journée et le lendemain. Je rentre chez moi.

Je laisse mon vélo tout seul comme un grand sur le quai de la gare et je pars à la recherche du Wifi gratuit dans ce bourg perdu en plein massif central.

Bingo! Du FreeWifi à 100m de la gare. Je profite pour faire échanger mon billet initial prévu le lendemain depuis Cerbère par un départ tout de suite, avec arrivée prévue à Montrichard à 20h36. C'est fait. Je me rends au près de mon vélo. Il est tout blanc, ensevelit sous la neige. En attendant le train, j'ai commencé à chantonner dans la tête la chanson "All Is White" de Emilie SIMON, chanson extraite de l'album film "La marche de l'empereur" produit par Bonne Pioche. Voici un extrait:

All is white
I think is snowed in the night
Everything is cold
So cold outeside

I listen to the wind
All alone
I know it means
A storm will come

I want to live in paradise
I want to live in the south
I want to live in paradise
At the south of the earth tonight

Malheureusement, ça ne sera pas le cas. Le nord m'attend...

De loin, je vois la silhouette du train. Il s'approche petit à petit, tout doucement. Il est à l'heure. Cette silhouette me rappelle un train. Celui de la veille? A bord le même contrôleur chef de bord?

-------------- Vidéo disponible prochainement --------------

Je dépose mon vélo au même crochet que la veille. Je mange le dernier pain au chocolat acheté la veille. 14h20, on emprunte le Viaduc de Garabit. 15h30, Neussargues. Presque 20 min de retard. On s'attendait à avoir notre train pour Clermont entrain de nous attendre pour embarquer à bord... non, il est en retard. On l'a attendu pour 1h20. Il repart à toute vitesse. Sur son trajet, on longe une route. 2 accidents à cause du mauvais temps tous sur la même pente mais à des endroits différents: Un camion en parallèle à la route, emportant avec lui une voiture, et une voiture plantée dans le décor disons à 1 km de l'accident précédent. En c moment, je me suis dit das ma tête que j'ai pris une sage décision. Sur son trajet, le train s'arrête à Issoire. Un voyageur s'apprête à descendre. Le conducteur de train voulait absolument rattraper le retard qu'il ne marque qu'un bref arrêt. A peine 5 secondes. Le train repart sans que le voyageur ne descende. Notre cher contrôleur était dans la même voiture que nous. Il actionne l'arrêt d'urgence et ouvre la porte pour laisser sortir le voyageur. Le conducteur, tout énervé vient à notre rencontre. Le controleur: "C'est ça s'arrêter à une gare? Le voyageur n'a pas eu le temps de rejoindre la porte que tu fais le départ? C'est moi qui a tiré sur la languette. Je l'ai remise à sa place. Tu peux repartir. Et respecte les temps d'arrêt car comme ça, on arrivera pas à Clermont". Le conducteur était fou de rage. Tout le temps gagné et perdu ici, à peu près 5min. Sur les 20 min restants, le chef de bord essayait de convaincre le CP central de la gare de retarder le départ du second train en partance pour Paris, le temps qu'on puisse faire la correspondance sans perdre encore plus de temps. Ces derniers n'ont pas accepté. Du coup, au moment où nous arrivons en gare de Clermont Ferrand, l'autre train repart avec un retard de 5min... Les boules, il aurait pu nous attendre quand même...

En gare, on nous annonce un temps d'attente de 1h55min. Perso, j'ai raté la dernière correspondance pour Montrichard. On me propose une nuit à l’hôtel à Nevers. On m'offre un billet 0€ rupture de correspondance pour cette destination. En attendant, j'ai pu calmer mon estomac qui criait famine depuis des heures.

21h30, Nevers. Au fait, je n'ai pas démonté mon vélo, j'ai dit au chef de bord que j'ai raté ma correspondance et que ça ne sert à rien de le démonter. En plus, si la SNCF se permet de faire partir des trains sont nous, je me permet également de transporter mon vélo sans contrepartie, vue que j'ai un billet rupture de correspondance.

Je rencontre le chef de correspondance. Il m'accompagne au hall de la gare. Sur place, je croise une famille, dont le père et son fils étaient également en gare de Clermont Ferrand. Je demande mon droit auprès du Chef de correspondance. Il n'est pas capable de me fournir quoi que ce soit, ni justificatif de rupture de correspondance, ni billet pour poursuivre mon voyage. Il me sort la liste des trains du lendemain: 5h21, 6h14, puis 15h21... Il me dit: "Vous pouvez prendre le train de 5h ou de 6h sans payer de billet. Dites juste au Contrôleur que vous avez raté la correspondance la veille et que la vous rentrez chez vous après une nuit à l’hôtel offerte par la SNCF" - "... Ne serait ce pas une incitation à la fraude? Et si le contrôleur n'est pas compréhensif, qu'est ce que je ferais?" - "Vous payerez dans ce cas l'amende et le prix du billet puis vous faites une demande par internet pour qu'on vous rembourse." - "Vu la situation délicate dans laquelle vous me mettez, je réclamerai demain matin un billet pour St Pierre des Corps. Au moins, il y a un train à midi 30, et sur place, je verrai comment rentrer, peut être à vélo" - "Je ne pense pas que ça soit possible. Vous devriez avoir une résevation pour vélo, sinon vous serez verbalisé à bord du train..."

Mais c'est quoi cette soupe? c'est du n'importe quoi... Il n'est pas question que je me lève encore une autre fois à 4h30 du matin.

Je me rends à l'hôtel juste en face de la gare, avec la famille, escorté par l'agent SNCF, sous une pluie battante. Je prends une douche, mange la dernière boîte de sardines avec le reste de la baguette acheté le premier jour de Coudes, puis m'endors.

Demain sera un autre jour, mais également la suite et la fin de l'escapade.

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