Un projet qui sommeille en moi depuis 2 ans. Il s'est enfin concrétisé sur le WE de l'armistice, entre le 9 et le 11 novembre 2019.
Période non propice pour la randonnée longue distance. Je l'ai tout de même fait malgré une météo changeante.
Du Bec du Cher à la Source:

Les 9 et 10 novembre 2019

Ce matin, j'étais au bec du Cher, confluence du Cher et de la Loire (5°C).
Je me suis dis sur place: pourquoi ne pas remonter tout de suite à la source du Cher?
Après 2h45min de route, traversé l'agglomération tourangelle, passer à quelques pas de chez mois sans toquer à ma porte pour voir si quelqu'un me réponde et 75km, j'atteins Noyers sur Cher (9℃) où je déjeune: Une fougasse et 3 Donuts.

Me voilà à Montluçon, à 248km du bec du Cher.
J'y ai jeté l'ancre pour passer une nuit au sec.
Depuis Noyers sur Cher, le ciel est resté menaçant jusqu'à la limite entre les départements du Cher et du Loir et Cher, où un franc soleil a commencé à réchauffer l'atmosphère.
Une très belle route, vallonnée à partir de Vierzon, avec peu de circulation.
Je traverse un village 100% ouvrier, qui est sorti de terre suite à l'implantation d'une usine sur place il y a une soixantaine d'année. Les habitants du village sont composés majoritairement de maghrébins.
Châteauneuf sur Cher, je m'arrête à une boulangerie pour m'acheter 1 baguette pour le dîner. Les hôtesses étaient charmantes 😍😊
Juste après et par pur hasard, je passe par le point central de la France, à Bruère Allichamps.
A partir de ST Amand Montrond, tout se gâte. Une pluie si intense s'abat subitement et dure 1h30. Je n'ai pas eu le temps de mettre mes imperméables. Je suis tout trempé. Arrivé à l'hôtel, mes mains étaient tellement froides que le sang chaud qui y circule me faisait souffrir atrocement. Une bonne douche de 30min sous une eau tiède au départ (pour éviter le choc thermique) puis brulante vers la fin m'a fait un bien fou.
La je suis au lit, entraînant de manger mon 2ème repas de la journée 😁
Vivement demain. Plus que 75km pour atteindre la source du Cher 💎


Le matin, départ prévu à 6h30, retard pour 8h15. Et pour cause? Le radiateur s'est éteint suite à une mauvaise manip de ma part la veille.
Bref...
Je sors de Montluçon, ville qui compte plus de Patapain que de boulangeries indépendantes 🤥
Il me fallait parcourir 76km pour atteindre mon objectif. La route empruntée côtoie le plus possible la vallée du Cher, sans forcément la rejoindre. Autant vous dire que je m'attendais à une monté jusqu'à la source puis une descente pour le retour (monter une bosse comme celle d'un dromadaire), j'ai eu droit à une caravane de chameaux 🤣
De l' Allier, j'accède au département de la Creuse. Une montée constante depuis la zone d'Auzances. Mon GPS m'a fait traverser le Cher à gué à 13 km de la source, puis un chemin de muletier. Rassurez-vous, il existe bel et bien des routes normales avec de vrais ponts. Je cherche l'originalité 😁
Chard, premier et dernier village traversé depuis Montluçon, il ne me reste plus que 4km. Pour info, le nom antique du Cher est Chard, et Montrichard signifie les 3 monts sur le Cher.
Je décide ne pas passer par le village de Merinchal, je coupe direction la source via une petite voie communale pour traverser le lieu dit "Le Cher". 100m après, je tourne à gauche. Une petite minute de pédalage. J'y suis enfin 🎉. Un beau soleil réchauffe l'atmosphère.
Je m'installe sur place pour pique-niquer. Les habitantes des prairies avoisinantes viennent à ma rencontre. A la fin de mon déjeuner, elles commencent à beugler, mais fort. J'ai bien compris leur message : "oh toi cycliste du week-end, ne rentre pas directement chez toi. Profite bien de ton emplacement actuel pour commencer la tout de suite une nouvelle aventure. Pourquoi ne tentes-tu pas de rejoindre la Loire en suivant le cours d'eau de l'Indre qui naît à 75km de ici? Profite de l'occasion!"
Je n'est pas hésité une seconde que j'ai suivi le conseil des vaches
En route pour la source de l'Indre....

Suite de la 2ème journée: Entre les 2 sources

Le 10 Novembre 2019

Convaincu par la proposition des vaches et par l’appel de la source de l’Indre, je me lance sur mon char d’assaut à 2 roues, direction la source à 13h20.

A 200m de mon départ, et vu que je me suis lancé au feeling à la recherche de cette source se situant à quelques 62kms à vol d’oiseau, je suis le bitume, qui arpente la trace du GPS. Après une longue descente dans des virages, la route monte, remonte, reremonte jusqu’à arriver à un hameau. Propriété privée, je la traverse. Ça continue de monter sur un beau bitume plein de bouses et de terre. Je reste zen, mais cette fois-ci affrontant un second obstacle : un chien sent mon odeur, il m’invite en m’aboyant dessus au pas du vélo et en montrant ses beaux crocs. Arrivé en haut de la butte, le bitume disparait sur une fourche. « Hors de question que je retraverse ce hameau !! »

Je rejoins la route, le profile est maintenant descendant malgré quelques petites bosses. J’arrive à Mainsat. Je reconnais le château du village grâce à sa porte bleue. Un souvenir de mon premier BRM 1000km validé. Je fais une brève halte remplissage des bidons aux toilettes de la grande place du village où je me suis arrêté il y a 1 an et 3 mois pour les mêmes raisons.

Sur la trace GPS, la route est barrée pour travaux. J’ignore la déviation. Je fonce dans la zone de travaux en mode cyclo cross : Rouler à fond vers un 1er obstacle, le contourner par le bord de route, un 2ème, même méthode de franchissement, en me cassant la gueule sans aucun dégât (vidéo à l’appui), un 3ème, en roulant 1km sur la base d’une route non revêtue, un 4ème et un dernier comme le 1er, heureusement.

J’ai prévu de passer à Toulx Ste Croix, histoire de valider un site BPF. Mon GPS m’a fait passer par des routes improbables : Chemin de terre montant avec beaucoup beaucoup de grosses pierres. Je le fait en poussant le vélo. Je rejoins la grande route, toujours montante. J’arrive au village. Il est vraiment perché tout en haut d’une grosse colline (+260mD+). Je prends ma photo avec le panneau du village, et demande à un agriculteur s’il y aurait une échoppe ouverte : « Rien depuis 30 ans ».

La descente vers la vallée de la petite creuse s’est faite en un clin d’œil, traversant une zone de chasse et des routes d’une étroitesse… Le GPS a même voulu me faire traverser une usine de revalorisation de déchets. Cool, mais j’ai dit Niet à sa proposition.

Boussac, Il faudra ressortir de la vallée. Ça monte, monte et monte, mais pas autant que pour monter à Toulx. Je passe devant le château d’eau, je tourne à droite sur une petite route communale. Maintenant c’est à gauche, un petit panneau indique la direction de la source de l’Indre. Elle est dans un hameau. 77,8km sur mon GPS. Elle est là la source. Je gare le vélo devant la pancarte. Super excité, je cherche la source. Une eau verdâtre et stagnante dans un bassin de 2m de côté. Pas d’eau qui s’évacue du bassin. Une grenouille se jette à l’eau en ma présence…

Je profite de cet arrêt pour remplir mon réservoir en glucide et protéine, des sandwichs achetés il y a 2 jours que je garde précieusement dans mon sac de selle, pour m’éviter l’hypoglycémie en absence de commerce, ce qui était le cas aujourd’hui. Je me mets également en mode hiver car il commence à faire très froid à 17h40.


 







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